2015 sur la planète géomatique : l’effervescence continue !

A l’instar des années précédentes, le monde de la géomatique a beaucoup évolué en 2014, que ce soit d’un point de vue technologique, des métiers ou des acteurs : 2015 ne devrait pas marquer de temps d’arrêt.

A l’orée de 2015, exercice de prospectives sur les évolutions à l’œuvre dans le secteur de l’information géographique : logiciel, acteurs, et surtout la donnée.

Écosystème logiciel (partiel) de la géomatique
Écosystème logiciel (partiel) de la géomatique

Un écosystème logiciel (encore) en ébullition

Toujours plus liée à l’univers de l’informatique, la géomatique en suit donc le rythme accéléré d’évolution, incluant celui du web. Si on s’était habitué à ce que Google remue le monde géospatial, il faut également noter l’émergence d’acteurs notables (OpenStreetMap, MapBox, etc). La valeur ajoutée apportée par un (x,y,[z]) à une donnée entre en résonance avec le modèle économique d’Internet très largement basé sur la publicité ciblée et dont la dimension géographique est un enjeu stratégique (Facebook revient d’ailleurs à la charge).

A première vue, cela ne pourrait finalement avoir que peu d’impact concret sur les professionnels ‘historiques’ de l’information géographique ; pourtant, qui peut douter des conséquences d’une transition d’un modèle construit autour d’un logiciel bureautique lourd, isolé et peu connecté vers celui d’une plate-forme logicielle cohérente, légère et modulable. C’est le sens qu’Esri, leader du secteur, a donné à sa stratégie depuis le début des années 2010 et qui se concrétise avec l’arrivée d’ArcGIS Pro en ce début d’année. Du côté de l’Open Source, plutôt précurseur de cette logique de plate-forme modulaire, le mouvement est le même comme le démontre le succès et la feuille de route de QGIS.

Plus globalement, l’époque de la polarisation binaire « Propriétaire vs. Libre » semble derrière nous et c’est bien à l’émergence d’architectures hybrides – pour tirer parti des complémentarités de chaque univers – que nous assistons aujourd’hui. Rien n’empêche de travailler sur GeoConcept sur son poste ; de publier ses données via GeoServer ; d’installer un QGIS d’appoint pour l’un de ses collègues qui consomme les données à partir d’une base Oracle ; de brancher tout cela au catalogue de données motorisé par Isogeo.

Les données, les données, encore les données

Une recherche Google avancée suffit à se rendre compte de la place qu’occupe aujourd’hui la “data” dans notre environnement ; data à toutes les sauces : Big, Smart, Open, Science, Intelligence, etc.

La dématérialisation massive ainsi que la démultiplication des équipements capables de produire de la donnée en tout genre ont largement contribué à cette explosion de la Data. Et ce n’est pas fini ! Les objets connectés (bracelets, montres, domotique, beacons…) n’en sont qu’à leur début. Dans cette masse de données, on avance souvent que 80% auraient une composante géographique*, liée notamment grâce à la géolocalisation dans les équipements du quotidien. Même si ce chiffre est contestable, il n’en demeure pas moins que l’information géographique a une place prépondérante et croissante dans l’économie actuelle. C’est pour cela qu’au-delà des spécialistes – les géomaticiens –  , on voit  des développeurs initiés à la composante spatiale s’y intéresser. En témoigne le projet OpenStreetMap de données ouvertes, désormais aux côtés de l’IGN et d’autres acteurs institutionnels et privés dans le processus de création des données. L’ouverture des données (Open Data) offre une occasion de valoriser le travail des services SIG, que ce soit des institutions, des collectivités ou des entreprises privées.

Le monde de demain dessiné par Satya Nadella, CEO de Microsoft
Le monde de demain dessiné par Satya Nadella, CEO de Microsoft

Plus que le lieu ou sa cartographique, ce sont désormais les données associées au territoire qui font foi. L’administration du patrimoine de données est devenue stratégique et se doit plus que jamais de répondre à plusieurs impératifs : quantité, qualité, interopérabilité. Le prérequis à cette bonne gouvernance  est la bonne connaissance du patrimoine et la maîtrise des mécanismes de création, d’édition et de consommation des données.

Des échanges toujours plus standardisés

La croissance exponentielle des patrimoines de données géographiques et les besoins d’échange dans un contexte d’interconnexion toujours plus poussée ont renforcé le besoin de standards. A cet égard, le secteur n’est pas en reste, que ce soit en institutions de standardisation (ISO, OGC, FOSS, etc.) ou en standards publiés ou en projets (84 dans l’ISO ; 43 pour l’OGC) !

La prolifération des standards – xkcd

S’il y a de quoi débattre sur la pertinence des standards et le processus de standardisation, il faut reconnaître qu’ils permettent d’avoir un socle commun de départ et un objet commun à critiquer. En cela, la directive INSPIRE donne de bonnes bases de principe au secteur et d’ailleurs, en 2015, les acteurs publics et para-publics devront passer à l’action… comme depuis 10 ans maintenant ;). En parallèle, la montée en puissance de la quantité d’informations échangée va rendre les enjeux de qualité plus visibles, alors que les standards en ce sens sont encore nombreux voire inachevés (ISO 19157, ISO 19138…), sans parler des outils.

En tout état de cause, une année géomatique excitante en perspective qu’on espère passer à vos côtés !


* A ce propos lire les intéressantes réflexions de Spatial Sustain et GIS Lounge.

Un commentaire

  1. MORO Etienne said:

    Bonjour,
    Je suis assez d’accord avec vous sur « l’émergence d’architectures hybrides » (outils propriétaires + outils libres). Etant nous-mêmes éditeur d’un logiciel de dessin au format DWG (logiciel BricsCAD+intelliMAP) permettant de créer semi-automatiquement des couches S.I.G. à partir d’un dessin avec récupération automatique d’infos dessin en données SIG, nous essayons depuis quelques années de promouvoir l’interaction entre cet outil, payant, qui permet de structurer très rapidement des données SIG à partir d’un pur dessin, et des outils gratuits, tels que QGIS qui permettant d’exploiter facilement ces données pour éditer de belles cartos. On profite alors à la fois des outils de dessin très complets du monde de la D.A.O., et des outils cartogrpahiques très complets du monde S.I.G.
    Cordialement.

    11 mars 2015
    Reply

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