Interview du département du Loiret : du catalogage à l’Open Data

Le département du Loiret a commencé son projet de catalogage des données SIG en février 2015. Aujourd’hui, 1 125 données sont cataloguées sur la plateforme Isogeo, dont 192 conformes INSPIRE et 91 en Open Data. Il est donc temps de faire un bilan, et de vous présenter différents éléments du projet, via une interview.

Les acteurs : côté Isogeo, c’est Julien Moura qui est en charge du projet. Côté Département du Loiret, il s’agit d’une équipe de 4 personnes qui ne sont pas allergiques au mot métadonnées (à vos souhaits).

Cadre technique : ArcGIS, AutoCAD, FME, Oracle / SDE, ArcGIS Server

Interviewés : Jérôme BARET, responsable SIG et Céline POLISSET, administratrice de données.

Comment est né le besoin de catalogage ?

Le projet est né de l’impérieux besoin de mettre en place une gouvernance des données géographiques au sein des services départementaux. Le volume de données, le rythme de mise à jour et la démocratisation des usages du SIG dans les services sont à l’origine d’une sorte de « chaos » entre le rôle de l’administrateur de données, le ressenti utilisateur dans la recherche du patrimoine de données, et le besoin réel et opérationnel des agents.  De ce constat, nous avons immédiatement identifié le besoin de disposer d’un outil de catalogue et d’inventaire. D’autant que nous devions aussi rendre le Département du Loiret conforme à la directive INSPIRE.

Le département présente sa démarche de gouvernance des données géographiques à la conférence Esri SIG 2016

Avez-vous testé d’autres outils de catalogage ? Quelles sont 3 raisons pour lesquelles vous avez choisi Isogeo ?

Le Département du Loiret était engagé dans une démarche de catalogage de données à partir de la plateforme géomatique Géo-Centre. De nombreux outils étaient mis à la disposition des acteurs de la géomatique. Toutefois, le besoin du Département du Loiret était plus large que la simple conformité des données à la directive INSPIRE. Nous recherchions un outil qui devait répondre à un double enjeu : nous devions maintenir la capacité d’administration de données de Céline POLISSET, administratrice SIG, à des niveaux optimum de performance dans son activité quotidienne, tout en créant les conditions favorables pour rendre un service de qualité répondant aux besoins des utilisateurs.

Je ne sais pas si je pourrais identifier les 3 raisons principales de notre choix, en revanche, nos critères de sélection ont été les suivants : le respect des standards de métadonnées, l’édition de fiche avec des indicateurs de conformité, une recherche simplifiée, une solution hébergée et l’interopérabilité. A ce jour, la solution Isogeo répond à ces éléments, tout en facilitant la tâche des administrateurs fonctionnels et techniques.

Combien de temps avez vous consacré les 3 premier mois au catalogage ? Et maintenant, combien de temps par mois en moyenne y consacrez-vous ?

Comme tout projet informatique, le lancement opérationnel d’une solution nécessite un investissement humain de mise en œuvre important sur la phase de démarrage. Nous avons passé 20 jours sur l’ensemble de l’année de démarrage du projet sur l’activité de catalogage. Ce temps inclut les phases d’audit de données, de mise en œuvre des passerelles techniques et le temps de saisie et de validation des premières fiches. Au terme de la 1ère année d’exploitation, chacun de nos jeux de données était rattaché à une fiche de métadonnée, et 20% de ces fiches étaient finalisées. Aujourd’hui, nous consacrons en temps cumulé 5 heures par mois au catalogage et à l’administration du projet. Les usages ont été développés et nous enrichissons notre catalogue sur demande.

Comment s’est passée la mise en œuvre du projet ?

Il faut savoir rendre disponible les équipes des différents services impactés en phase avec l’accompagnement et le coaching proposé par Isogeo et le chef de projet. A partir du moment où cette rencontre se réalise, la mise en œuvre et la montée en compétence sur le projet est facilitée. La réussite de ce type de projet passe surtout par une prise de conscience du retour sur investissement. Le temps investi pour la mise en œuvre se compense par des gains de productivité à moyen et long terme.

Vous avez choisi de passer par une centrale d’achat pour la région centre (Approlys). Comment et pourquoi ?

Il a fallu faire preuve de pédagogie en interne afin de convaincre les décideurs de l’utilité de la mise en œuvre d’un catalogue de données et d’y consacrer ainsi un budget. Ce travail a été le préalable au déclenchement de notre démarche d’acquisition d’une solution. Il faut croire alors que nous avons été convaincants puisque le groupe projet s’est interrogé sur l’usage d’un tel catalogue dans d’autres collectivités locales. Nous avons considéré que notre démarche pouvait s’inscrire dans le cadre d’une mutualisation plus large. Ainsi, nous nous sommes rapprochés de la centrale d’achat Approlys Centr’Achats pour construire un accord cadre d’acquisition d’une solution de catalogage. Isogeo est aujourd’hui titulaire du marché, et chaque collectivité de la région centre peut avoir ainsi accès à cet outil, répondant de façon efficace aux besoins d’inventaire de données. Dans le Loiret, il y a déjà 3 EPCI plus le Département qui sont engagés dans cette démarche, et de nombreux autres acteurs au sein de la région Centre Val de Loire.

A quoi vous sert Isogeo aujourd’hui ? Et demain ?  

Le catalogue Isogeo est notre porte d’entrée pour l’ensemble des utilisateurs qui se questionne sur le patrimoine de données de la collectivité, les licences d’utilisation, leur intégrité. Le catalogue de données nous a aussi permis d’introduire une notion de responsabilité vis-à-vis des utilisateurs internes concernant la validité des données. Comme cette information est désormais visible dans les fiches de métadonnées, il revient alors au responsable de la donnée de mettre à jour les fiches, ce n’est plus le rôle de l’administrateur qui peut n’avoir qu’une connaissance partielle de la donnée. Nous avons ainsi tissé un réseau de référents autonomes pour créer et mettre à jour les fiches. Mais le catalogue nous facilite aussi la transmission de données. Par exemple, lorsqu’un bureau d’études ou un partenaire souhaitent disposer de données non encore documentées, la fiche est alors saisie à la demande, les données téléversées, et le bureau d’étude reçoit l’url de la fiche avec tout le descriptif détaillé.

Catalogue public dans le portail GéoLoiret

Et l’avenir se dessine avec l’Open Data, où le catalogue Isogeo est le premier étage de la fusée de notre démarche. Nous disposons en effet d’un partage de catalogue spécifique de données ouvertes. Ce partage est alors moissonné par la plateforme data.gouv.fr et inspire.gouv.fr ce qui permet de donner une visibilité nationale à la démarche départementale. Le futur est actuellement envisagé dans le cadre de l’Agence Loiret Numérique, qui va fédérer la démarche de catalogue de données et d’ouverture de données à l’échelon de tous les acteurs publics départementaux, avec un seul et même outil, Isogeo.

Exemple de donnée non géographique dans le catalogue

 

Easy Access to Geodata!

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Unable to load the Are You a Human PlayThru™. Please contact the site owner to report the problem.